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Lucas de Sousa Le vendredi 27 mars 2009 à 18:42 par

Dans la course à celui qui créera le jeu de stratégie en temps réel (str) adapté aux consoles, Sega propose Stormrise. Les studios The Creative Assembly attaquent le problème sous un autre angle avec un gameplay inédit. Au delà il propose de revisiter l'expérience de jeu avec l'intégration de nouvelles notions notamment celles issues de  jeu d'action. Si tout cela s'annonce affriolant et devrait parler plus aux joueurs consoles, il ne faut pas oublier que l'innovation ne marche que si les fondamentales sont respectées.

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Accéder à la ficheSortie : 27 mars 2009 - Editeur : Sega - Développeur : The Creative Assembly - Joueurs : 1 à 8
Dans la course à celui qui créera le jeu de stratégie en temps réel (str) adapté aux consoles, Sega propose Stormrise. Les studios The Creative Assembly attaquent le problème sous un autre angle avec un gameplay inédit. Au delà il propose de revisiter l'expérience de jeu avec l'intégration de nouvelles notions notamment celles issues du  jeu d'action. Si tout cela s'annonce affriolant et devrait plus parler aux joueurs consoles, il ne faut pas oublier que l'innovation ne marche que si les fondamentaux sont respectés.

Quand la modernité rencontre l'évolution de l'espèce Si la fin du monde est un thème récurrent, ses causes diffèrent relativement et ici c'est la colère de mère nature qui est le point de départ de l'histoire. Alors que l'homme pensait maîtriser, grâce à la technologie, le climat, un accident inconnu s'est produit faisant émerger des tempêtes de feu. Ne pouvant rien y faire, une poignée d'hommes se réfugie dans des bunkers disséminés dans le monde dans lesquels ils sont cryogénisés le temps d'une accalmie. Quant aux autres qui sont restés à la surface, ils ne s'en sortiront pas indemnes mais la capacité humaine à s'adapter à son environnement les poussera à évoluer vers une nouvelle nature. Quelques siècles plus tard, les hommes de l'ancien temps appelés Echelon se réveillent, prêts à reprendre leur terre sauf qu'elle est occupée par les Sai, des mutants un peu rancuniers. Dès lors s'ensuit des affrontements incessants entre les deux factions avec l'une tournée vers la haute technologie et l'autre vers des techniques rudimentaires mais des pouvoirs mutants surhumains.

Il n'existe qu'une seule campagne solo mais celle-ci est menée de telle sorte qu'on puisse jouer avec les deux factions. Cela est possible par son scénario qui s'apparente plus à celui d'un jeu d'action. Toute l'histoire tourne autour d'un homme, Aiden Geary, dernier survivant de son bunker qui sera sauvé par Echelon. Au travers de notre héros, on sera balloté sur douze niveaux entre les deux camps pour découvrir les raisons de la catastrophe passée qui n'a servi de leçon à personne. Si au début cela peut sembler intéressant, la campagne s'essouffle rapidement notamment à cause de ses multiples incohérences. Toute crédibilité disparaît lorsque des éléments de dernière minute arrivent de nulle part pour justifier une fin incompréhensible.

La narration se fait par le biais de cinématiques et de dialogues in-game dans un petit médaillon. Au début de la partie solo, une séquence d'introduction se lance et instinctivement, on ne peut s'empêcher de se tourner vers sa console pour se rassurer de ne pas jouer sur une PSone. Avec une modélisation catastrophique et un aliasing omniprésent, ces cinématiques ont un filtre étrange qui n'avait sûrement pas pour objet de mettre en avant ce rendu horrible. Dans une moindre mesure les niveaux s'en sortent un peu mieux mais restent quand même très basiques. Par contre ce qui est plus condamnable, c'est la mauvaise gestion des animations qui apparaissent quand bon leur semble ou, pire, qui sont totalement décalées alors qu'il n'y a aucun ralentissement. Si la première fois on sourit en voyant ses ennemis tomber alors qu'on n'a pas encore tiré, on s'énerve rapidement lors de batailles de masse transformées en véritable brouillon.

Pour revenir aux différentes missions de la campagne solo, elle sont tout simplement répétitives. Même les différents environnements et la variété des intitulés des objectifs n'arrivent pas à camoufler le fait que pour gagner il faudra prendre à chaque fois les points de commandement indiqués.  Dès lors il n'y a vraiment rien à dire, de même que pour le mode escarmouche totalement désuet, ne proposant qu'un type de partie.{gallery}imagesV3/Tests/screens/XBOX360/stormrise/1{/gallery}Un gameplay qui a du mal à accrocherStormrise offre une nouvelle perspective au genre mais certains partis pris et bugs nuisent grandement à l'intensité et à l'aspect stratégique des parties. Afin de compenser l'absence du duo clavier et de la souris, on opte ici pour le système d'accrochage. Il consiste à pousser son stick analogique, droite ou gauche selon sa configuration, dans la direction où se trouve l'unité dont on veut prendre le contrôle. Avec peu d'unités, l'accrochage fonctionne parfaitement mais il atteint vite ses limites lorsque son armée prend de l'ampleur, on se retrouve à gigoter son stick dans tous les sens pour atteindre un groupe précis. On retrouve ce problème de précision quand on veut sélectionner une unité à distance représentée par une icône et que d'autres éléments sélectionnables se trouvent dans le même champ.

On peut émettre des critiques aussi sur le choix de la vue à la troisième personne qui est vite mise à mal dans des niveaux qui sont construits à la verticale. En effet certaines missions demanderont d'évoluer dans divers bâtiments mais la caméra étant trop rapprochée, notre champ de vision est réduit et la lisibilité de l'action est difficile. Encore plus pénalisant, on a du mal à donner des ordres de déplacement vers des points trop éloignés ou placés en hauteur et ce n'est pas la possibilité de dézoomer légèrement qui change quelque chose.

Contrairement aux autres STR, ici les différentes combinaisons qui permettent d'explorer le plus de possibilités tactiques ont été totalement épurées. Tout d'abord on ne peut constituer des troupes de plus de trois unités ce qui est très pénible si on veut faire avancer tout son contingent. Ensuite, on est soumis à une IA au ras des paquerettes qui n'est pas du tout optimisée pour le déplacement et encore moins pour attaquer. Ainsi on peut assister à des scènes incroyables durant lesquelles on voit des unités qui n'arrivent pas à trouver leur positionnement ou encore qui restent coincées dans des murs. En ce qui concerne l'attaque, vos hommes ne tireront pas tant qu'ils ne se sont pas arrêtés et si on couple avec tous les problèmes cités précédemment, le game over tombe tel un couperet. Au delà de ces problèmes de programmation, le fait que l'on ne puisse pas ordonner quel ennemi attaquer est une très grosse erreur dans la mesure où l'IA n'a pas la présence d'esprit de réagir au bon moment.{gallery}imagesV3/Tests/screens/XBOX360/stormrise/2{/gallery}

4,5/10 Pour conlure, Stormrise est une véritable déception tant son aspect au départ pouvait sembler attrayant. Sa jouabilité bancale et son système d'accrochage pas assez poussé ne permettent pas de voir le plaisir de jeu que peuvent offrir les capacités distinctes de chaque faction. Cependant, on ne peut pas dire qu'il est injouable mais il faut prendre un bon moment pour s'adapter à tous ces handicaps. On se demande comment une équipe comme The Creative Assembly qui n'a plus à faire ses preuves sur la scène du jeu vidéo, peut proposer des graphismes de cette qualité et une IA aussi ratée. L'avènement du STR sur nos consoles n'est pas pour maintenant.

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