Dans le monde du jeu vidéo, Silent Hill a toujours été considéré comme une production à part. Quelques chose de dérangeant, d'extrêmement prenant, mêlant la psychologie à nos peurs les plus primaires. Un mélange habile rendant cette licence forte, inoubliable, un passage obligé pour tous les joueurs voulant toucher à quelque chose de différent. La plupart se souviennent des épisodes 2 et 3 comme de véritables chef-d'oeuvre, avant une dégringolade incompréhensible avec Homecoming. La touche exceptionnelle de la série n'était plus, tombé dans un cliché malheureux, loin de ce qui faisait l'originalité des anciens opus. Silent Hill Downpour se veut synonyme de retour aux sources, comme une marche vers le pardon que Konami s'est fixé envers les joueurs. Et ce sont les Tchèques de chez Vatra Games qui en sont aux manettes. Un studio encore méconnu du grand public qui a la tâche compliquée de faire de ce Downpour un Silent Hill de la grande heure. Pour autant, tout ce qui a été fait par les développeurs de chez Double Elix en charge de Homecoming n'a pas été jeté aux oubliettes. La narration est plutôt bien travaillée, et cette fois-ci, le jeu repose sur le principe de ville ouverte. Le joueur peut en effet se balader dans Silent Hill, et dénicher les quelques quêtes secondaires disséminées un peu partout. De quoi permettre une immersion plus poussée par le biais d'une visite de Silent Hill. L'ensemble de vos recherches vous promettront des découvertes sympathiques, que ce soit des objets, des rencontres, ou des monstres. Tout ce que l'on demande à un Silent Hill au final. Ces quêtes secondaires sont un bon moyen d'en apprendre plus sur la ville, sur ses habitants et sur l'histoire qui gravite autour de Silent Hill. Une approche que l'on avait pas l'habitude d'avoir sur les anciens opus, qui sera surement fort apprécié par les fans de la série. À travers les rues et les maisons, les développeurs n'ont pas omis de nous proposer les habituelles énigmes si chers à la série. Un mélange de réflexion et d'observation fort bien mis en scène, qui s'implante remarquablement bien à l'ensemble général de l'histoire.
Silent Hill Downpour est un retour aux sources que les joueurs attendaient de pied ferme. Les développeurs ont fait un travail profond sur ce qu'est l'univers de la série. Silent Hill n'est pas un simple survival-horror, il n'est pas comparable à un Resident Evil par exemple, et dispose de ses propres codes. C'est cet aspect précis qui fait qu'un Silent Hill se démarque des autres, et Downpour en fait parti. L'atmosphère prenant, l'ambiance gênante et la psychologie omniprésente fait de cet épisode une réussite. Ne vous méprenez pas, l'épisode 2 reste un Graal inaccessible. Mais le travail de Vatra Games est excellent. Comme toujours, vous vous sentez perdu au milieu d'un brouillard, entendant des bruits suspects mais incapable d'en connaître la provenance. Une sensation de peur tellement excitante qu'on en redemande, incapable de se séparer de sa manette. Une perte d'orientation extrêmement bien mise en scène, qui nous rappelle les meilleures heures de la licence. Pourtant, quelques points sont discutables comme la reprise des courses-poursuites que l'on peut qualifier d'inutile. Le scénario sans ces quelques séquences n'en seraient pas bouleversées, et s'en passer n'aurait rien changé de plus à l'ensemble. On peut également critiquer un aspect graphique un peu en dessous de ce que les consoles next-gen peuvent faire, mais très honnêtement, le joueur ne s'arrête pas à cela lorsqu'il s'agit de la licence Silent Hill. Qui n'a jamais sursauté pendant une partie de Silent Hill, ou jeté un oeil derrière son épaule, comme si quelqu'un ou quelque chose vous scrutez dans l'ombre de votre chambre. C'est cela que recherche le fan, cette chose gênante qui fait que l'on apprécie l'ambiance des survival-horror. Silent Hill Downpour vous rappel combien la lumière est réconfortante, combien se perdre dans ses cauchemars peut-être source de défi. C'est ce que le héros, Murphy Pendelton, apprend à ses dépends. Un personnage à qui l'on s'attache au fil de l'aventure, que l'on veut aider à s'en sortir. Et surtout, on souhaite comprendre ce que son subconscient lui dicte. La ville de Silent Hill est source de défi, et c'est à nous d'y trouver les réponses.
Voyage au centre d'un imaginaire noir
Silent Hill Downpour ne fait pas honneur aux standards actuels en terme de graphisme. Le jeu étant clairement en dessous de ce qui se fait sur les consoles PS3 et Xbox360. Le level design est clairement très bon, avec de suite, une signature que l'on reconnaît. Dès les premières minutes du jeu, on comprend sans aucun doute qu'il s'agit de la licence Silent Hill. Pour une première, les développeurs ont sur rendre une copie correcte sans bouleverser l'univers bien qu'un travail plus prononcé sur l'ensemble des textures aurait été un plus. Niveau gameplay, on se retrouve en terrain connu. Toutes les qualités et les défauts de la licence sont représentés dans ce nouvel opus. Certains critiqueront les angles de caméra, alors que d'autres trouveront cela normal dans un titre de ce genre. La lenteur du personnage et les déplacements laborieux peuvent être considérés comme « normal » dans un Silent Hill, et fait office de signature de style. Sauf peut-être lorsqu'il s'agit des courses-poursuites, ou l'importance du déplacement est problématique. Un petit plus sympa se trouve dans l'utilisation des objets, qui sont désormais cassables et doivent être remplacés régulièrement. De quoi obliger le joueur à trouver de nouveaux moyens de défense tout au long du jeu.
La difficulté du titre quant à lui est modulable, avec plusieurs niveaux permettant à tous les joueurs de se faire plaisir. De plus, le niveau de jeu s'adapte également aux énigmes pour les moins patient d'entre nous. Le HUD n'étant toujours pas visible à l'écran, cela rend l'immersion plus prenante, et l'obligation de maintenir son niveau de vie élevé est omniprésent. Pour les connaisseurs de la série, vous arriverez au terme de l'aventure en à peine 6 à 7 heures, voir 9 heures en allant chercher les divers quêtes annexes. Pour les autres, on peut statuer sur une 10ène d'heures pour terminer le scénario, tout en prenant son temps pour visiter la ville. L'ambiance elle, est ce qu'il se fait de mieux pour un survival-horror. Des musiques excellentes, des bruitages vraiment flippant, tout cela contribue à poser une atmosphère dérangeante. Tout ce que l'on attend d'un Silent Hill ! Malheureusement, Akira Yamaoka, le compositeur historique de la série ne fait pas parti du staff sur le titre de Vatra Games. Ce dernier étant remplacé par le très bon Daniel Licht, qui s'inspire grandement des anciens opus et reste dans la droite lignée de ce qui a été fait par le passé, tout en ajoutant une touche personnelle aux nouvelles compositions.
8
Pour commencer, on peut sans aucun problème dire que cet épisode est une réussite, surtout si on le compare à Homecoming. Les développeurs de chez Vatra Games ont réalisés un excellent travail, sans pour autant pouvoir concurrencer l'épisode 2 de la série. On s'en doutait à l'avance, mais ils ont le mérite d'avoir fait un travail louable. Nous sommes en face d'un Silent Hill, un vrai, avec une ambiance à vous glacer le sang. Il n'est pas rare de se faire peur pendant la partie, et se dire que jouer la journée est plus adéquate qu'en pleine nuit comme un bon vrai warrior. L'ambiance est tout bonnement superbe, et on ne remarque que très peu qu'il ne s'agit plus de Akira Yamaoka aux manettes. Bon, les fans vous diront que c'est un sacrilège de dire cela, alors disons que la musique est dans la continuité des anciens opus, et qu'à la première écoute des musiques on comprend rapidement qu'il s'agit d'un jeu estampillé Silent Hill. Niveau critique, la technique se fait un peu vieille, et les graphismes sont clairement en dessous des productions actuelles. Mais le principal atout du jeu, réside dans son retour aux sources. Silent Hill est de retour... Enfin !
Sid


